Il y a des itinéraires qu’on fait pour la destination, et il y a la boucle Tarbes-Arreau-Payolle, qu’on fait juste parce qu’on ne supporte plus de rester au garage un dimanche matin. Ici, la destination s’en moque un peu : c’est la route qui bosse.
Le programme du jour
On part de Tarbes, en sportive ou autre, direction Lannemezan par la D817. Rien de folichon pour l’instant, c’est le prix à payer pour mériter la suite. C’est un peu comme les vingt minutes d’autoroute avant d’arriver à un bon resto. On garde le poignet sage, on chauffe les gencives des pneus et on laisse les ronds-points nous rappeler qu’on n’est toujours pas sur circuit. Même si on sait que notre égo aimerait bien nous le faire croire.
Après Lannemezan, la D929 commence à devenir sérieuse. Ça grimpe, ça vire, la vallée d’Aure s’ouvre devant vous comme si elle avait mis sa plus belle robe pour l’occasion. Arreau arrive vite : petit village de carte postale, pierres et ardoises, le genre d’endroit où même un plein d’essence a l’air pittoresque.
Ah oui, j’oubliais, on s’équipe toujours bien à moto, on est bien d’accord, on évite t-shirt, short, claquettes…
Cap sur le Col d’Aspin
C’est là que ça devient intéressant. Direction Payolle par le col d’Aspin, et autant vous prévenir, c’est un col qui a du caractère. Virages en épingle, pâturages avec vaches nonchalantes qui vous regardent passer tranquille. Un panorama qui donne clairement envie de s’arrêter tous les deux virages pour faire style « photographe amateur », alors qu’on cherche juste une excuse pour souffler.
Payolle, en bas de la descente côté Campan, c’est la récompense méritée. Un petit lac, des sapins, et généralement plus de vaches que de motards. Ce qui change agréablement des points chauds du dimanche où on se croirait à un rassemblement Harley déguisé en balade tranquille.
Le retour, ou comment redescendre sur terre
Sainte-Marie-de-Campan, puis Bagnères-de-Bigorre, et enfin retour vers Tarbes. La route redevient plus roulante, presque trop sage après ce qu’on vient de vivre. C’est un peu le syndrome du dimanche soir. On sait que ça se termine, alors on essaie de faire durer le plaisir en traînant un peu plus que nécessaire dans les derniers virages avant Tarbes.
Les chiffres, parce qu’on est sérieux (un peu)
Environ 110 km, comptez 2h30 à 3h et plus avec les arrêts photos, le café obligatoire à Payolle ou un bon ravitaillement. Tombez le blouson et respirez l’air de la montagne, relax. Pas besoin d’un réservoir de char d’assaut, une pause essence à Arreau suffit largement.
Le vrai conseil sans filtre
Partez tôt. Pas pour la lumière du matin façon Instagram. Mais parce que le col d’Aspin en pleine saison touristique se transforme en défilé de camping-cars qui roulent comme s’ils négociaient chaque virage avec leur assurance. Un départ à 8h et vous avez la route quasiment pour vous. Les vaches, le paysage et vos pensées existentielles sur pourquoi vous n’avez pas commencé la moto plus tôt.
Stay Tuned !

